HISTOIRE DE GENEVE DE 1798 A 1815

 

 

Nous sommes en 1798, la cité protestante de Genève est indépendante et fait beaucoup de commerce dans l’horlogerie. Elle s’assure la sympathie du gouvernement parisien et adopte même la cocarde tricolore héritée de la révolution française. Les troupes françaises, agissant sur ordre du gouvernement du Directoire, occupent la république indépendante de Genève. C’est Félix Desportes qui obtient une demande de rattachement à la France de la part des autorités genevoises. Le traité est signé le 15 avril 1798. L’annexion de Genève la transforme en chef-lieu du Département du Léman, la monnaie change et les Genevois-e-s sont désormais français-e-s né-e-s. Ainsi la frontière entre la France et Genève n’existe plus.

 

Nous sommes en 1802, le Premier Consul Bonaparte se présente comme médiateur dans les conflits qui surviennent en Suisse devenue une République Helvétique (22/03/1798) unitaire sur le modèle de la France. La cité de Genève se pare de nouvelles armoiries, on célèbre la messe catholique et on est sous un régime totalement nouveau, notamment en ce qui concerne la séparation du civil et du religieux avec le nouveau code civil dicté par Napoléon Bonaparte, proclamé empereur en 1804.

 

Nous sommes en 1806, Bonaparte qui a déclaré la guerre aux Anglais impose le blocus intercontinental et place toute l’Europe en état de crise et de chômage, notamment à Genève dans l’horlogerie et les fabriques d’indienneries. C’est une période sombre pour tous les Genevois-e-s qui ne mangent pas toujours à leur faim.

 

Nous sommes en 1813, les défaites napoléoniennes (bataille des Nations ou bataille de Leipzig (16/10/1813) subies en Europe marquent un véritable tournant de la guerre. Les pays vaincus de multiples fois par la France se retournent contre elle les uns après les autres et la retraite de l’armée française vers la France est inéluctable. Dans la matinée du 30 décembre 1813, aux portes de Genève, le général autrichien Ferdinand von Bubna und Littitz est le premier général allié à s'emparer de la première ville française, Genève, alors chef-lieu du Département du Léman. Genève est libérée par les troupes autrichiennes et le lendemain après un retrait définitif du préfet, un nouveau gouvernement composé en hâte avec entre autres l’ancien syndic Ami Lullin et Joseph des Arts, restaure la République de l’Ancien Régime.

 

Nous sommes en 1814, Genève se dit indépendante à nouveau malgré une présence autrichienne assez pesante qui a beaucoup d’exigences envers les Genevois-e-s. Le 1er janvier c’est donc la proclamation de l’indépendance, les frontières se reforment entre la France et la cité calviniste qui retrouve ses couleurs et ses armoiries. Mais en mars, les Français tentent à nouveau d’assiéger la ville, heureusement en vain. Cependant, les magistrats sont conscients que Genève ne peut plus former un État isolé et se tournent vers les anciens alliés suisses en demandant l'entrée de la République dans la Confédération suisse. L’armée autrichienne se retire et laisse place aux Grenadiers genevois qui reprennent position aux portes de la ville. Cette fois-ci, Genève se sent chez elle. Le 1er juin 1814, en guise d’amitié, débarquent au Port Noir des contingents fribourgeois et soleurois. En juillet, commencent les négociations pour l'entrée de Genève dans la Confédération suisse. Joseph Des Arts rédige une nouvelle Constitution, adoptée par les citoyen-n-e-s en août 1814 malgré l’opposition des milieux libéraux (progressistes). C’est grâce à la présence active de Charles Pictet de Rochemont qui négocie l’augmentation du territoire genevois que le 12 septembre 1814 est votée l’entrée de Genève dans la Confédération suisse. Plus tard, lors du Traité de Paris, Genève obtient la reconnaissance de son indépendance et une liaison territoriale avec la Suisse.

 

Nous sommes en 1815, le 19 mai est signé l’acte d’union avec la Confédération suisse. Après l’annexion des communes savoisiennes qui agrandissent le territoire du canton de Genève, la Suisse peut compter un 22e canton de plus à son actif. Nous finirons sur la fierté des Genevois-e-s avec les armoiries de la République et canton de Genève. 

L'histoire de Genève de 1798 à 1815